TUNISIE. Jeunes activistes, famille de martyrs, sympathisants. Ils sont à peine une centaine à occuper la place des droits de l’Homme à Tunis pour demander que les objectifs de la révolution de janvier 2011 soient respectés.

Par NICOLAS BURNENS (texte) et ANTONINO GALOFARO (vidéos)

Un sitting de la dernière chance. A quelques centaines de mètres de la place Habib Bourguiba, lieu de la révolution tunisienne, Mohamed Guinoubi vient participer aux cercles de discussion. Nous sommes sur la place des droits de l’Homme à Tunis. Un laboratoire de la démocratie.

« Six mois après la révolution, nous avons fait le bilan, raconte l’étudiant en informatique de 21 ans. Rien n’a changé. Les médias et le système judiciaire ne sont toujours pas indépendants. C’est pour cela que nous sommes là. Nous ne bougerons pas ». Le sitting s’appelle « Al Massir », la destinée.

(Photo : Nicolas Burnens)

(Photo : Nicolas Burnens)

Autour de Mohamed, des tentes et des banderoles, ainsi que les photos des « martyrs », ceux qui sont tombés durant la révolution de janvier 2011.

Lors des deux sittings après la révolution, place de la Kasbah, ils étaient plusieurs centaines de milliers à demander la démission du Premier Ministre. Ils sont beaucoup moins aujourd’hui.

(Photo : Nicolas Burnens)

(Photo : Nicolas Burnens)

Ce mardi 28 juin 2011, un homme de théâtre, ainsi qu’un salafiste et un avocat sont venus débattre. Au centre des discussions, les agressions à l’AfricArt.

Quelques jours plus tôt, des inconnus se réclamant du mouvement salafiste ont attaqué la salle de cinéma l’AfricArt, agressant les gérants et des spectateurs. Ils se mobilisaient contre un film jugé arbitrairement anti-religieux.

Myriam, elle, vient ici de temps en temps.

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Saber et Mohamed, quant à eux, se sont mobilisés dès les premiers jours. Le second a fait le chemin depuis Médenine, tout au sud du pays, en parcourant près de 500 kilomètres.

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Parmi les participants au sitting, il y a quelques mères de « martyrs » qui ont perdu un fils durant la révolution. Saïda a planté sa tente et ne bougera plus.

(Photo : Antonino Galofaro)

(Photo : Antonino Galofaro)

« Je demande que le coupable de mon fils soit jugé », crie-t-elle en brandissant sa photo dans ses mains.

En janvier, Helmi a été tué dans les rues de Tunis par un sniper embusqué. Saida a refusé l’indemnisation du gouvernement, 20 000 dinars (environ 10 ooo euros). « Je ne bougerai pas d’ici jusqu’à ce que l’on me ramène le coupable. S’il le faut, j’irai camper devant le ministère de l’Intérieur ».