EGYPTE. Vendredi 8 juillet 2011, ils étaient plusieurs dizaines de milliers sur la place Tahrir au Caire pour manifester leur mécontentement face à la lenteur des réformes démocratiques. Une mobilisation jamais vue depuis la chute de Moubarak le 11 février.

Par NICOLAS BURNENS (texte, photo et vidéo) et SAMI BOUKHELIFA (interviews)

Le départ du président Hosni Moubarak, après 30 ans au pouvoir, et une série de réformes n’ont pas suffi à convaincre la population, toujours assoiffée de démocratie. Elle est descendue dans les rues du pays le 8 juillet 2011.

Les manifestants réclament des procédures judiciaires contre les caciques de l’ancien régime accusés de meurtres et de corruption.  Ils demandent aussi que les réformes démocratiques aboutissent. Des manifestations ont été organisées notamment à Alexandrie, Suez, Ismaïliya et Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, où est hospitalisé l’ancien chef de l’État.

Au Caire, la colère grondait sur la place emblématique de la révolution du 11 février 2011, face au peu d’empressement du Conseil suprême des forces armées (CSFA), le concile militaire au pouvoir, à rompre avec l’ancien régime et à juger ses dirigeants.

Des fouilles systématiques étaient effectuées par les citoyens eux-mêmes aux abords des grandes artères de la place pour éviter tout débordement et notamment la présence d’armes à feu. Il fallait montrer sa carte d’identité. Un certain chaos régnait parfois.

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Drapeaux égyptiens, pancartes, cris et chants. Tout autour de la place Tahrir, des groupes se sont rassemblés autour d’orateurs au micro. Un village de tentes a été dressé. « Il n’y a eu aucun changement. Je ne veux pas que la révolution n’ait servi à rien. Je resterai là jusqu’à ce que les promesses soient réalisées», explique Mohamed, 21 ans, étudiant en économie. Sur son t-shirt, il est écrit : « Je suis en sit-in ». Il est là depuis huit jours.

(Photo : Nicolas Burnens)

(Photo : Nicolas Burnens)

« Nous sommes passés d’un pharaon à un autre. Nous ne voulons plus être contrôlés par l’armée. Cela allait bien au début. Mais aucune promesse n’a été tenue depuis », affirme quant à elle, Asma Faouzi, 26 ans.

Les manifestations se sont prolongées jusque tard dans la nuit. Samedi 9 juillet au matin, après une journée historique de manifestations, ils étaient encore un millier à occuper la place Tahrir, au milieu d’un village de tentes improvisé.

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