EGYPTE. Figure de proue de la contestation sur la place Tahrir dès le 25 janvier 2011, le chanteur Ramy Essam fait partie de ces irréductibles qui veulent maintenir la pression sur l’armée. Pour ir7al.info, il entonne la chansonnette.

Par NICOLAS BURNENS (texte, photo et vidéo) et SAMI BOUKHELIFA (interview)

Quelques minutes d’interview sur le coin d’un trottoir de la place Tahrir. Avec ses santiags, son petit t-shirt et son duvet de trois jours, Ramy Essam, 24 ans, a tout du look de la rock star internationale. Aux commandes de sa guitare Fender, il fait tomber les filles. Mais le « troubadour de la place Tahrir » incarne l’esprit de lutte de la place.

« C’est ma seconde maison. Cette place m’a adopté. Je ne pourrais plus la quitter », explique-t-il, en se baladant entre les marchands. A la base, Ramy est étudiant en ingénierie civile. Avant le 25 janvier, comme beaucoup de jeunes, il n’avait jamais voté ou adhéré à un parti politique. Il ne pensait jamais se rendre à Tahrir. Il a pourtant été de toutes les guerres, jusqu’au départ du raïs le 11 février, en réchauffant le cœur des manifestants dans les nuits froides du Caire.

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Au lendemain du 2 février, journée marquée par l’attaque des groupes pro-régime montés à dos de chameau, c’est lui qui réconforte le cœur des estropiés. Le 9 mars, l’armée décide de venir à bout de la contestation face à ceux qui réclament le départ du chef suprême de l’armée, le maréchal Tantaoui, qui dirige le pays.  Tabassé,  Ramy est arrêté plusieurs heures, plaqué à terre dans le musée national où l’armée a aujourd’hui son QG.

« Mes chansons, je n’ai plus peur de les chanter librement maintenant. Mais il reste encore beaucoup à faire : l’armée doit lâcher le pouvoir », conclut-il. Ce soir encore, il chantera sur une des scènes de Tahrir.