EGYPTE. Casquette vissée de côté sur le crâne, maillot de l’équipe de basket de Houston, fenêtres ouvertes et un rap qui fait vibrer les sièges. Tel un gangsta, Raqib Al Nassery est au volant de son bolide.

Par ANTONINO GALOFARO (texte) et NICOLAS BURNENS (interview et photos)

Analyste financier le jour, c’est un rappeur engagé une fois le soleil couché. 1h du matin, il nous montre son quartier : Nasr City, à l’est du centre-ville de la capitale égyptienne. Il a terminé de travailler il y  a seulement une heure.

Il tourne un peu, parle rap égyptien. A l’arrière, son « petit frère », Mahmoud, lui aussi rappeur, complète. Et enfin…

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Une quinzaine de minutes de route, Raqib Al Nassery en profite pour improviser un rap, tout en slalomant entre les voitures.

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L’occasion aussi de nous passer sa propre musique. Engagé, il a écrit un morceau lors de la révolution, entre janvier et février dernier. Concentré sur sa chanson et la route, il n’en parle que brièvement.

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En fond, une musique « commerciale pourrie ». De la pop égyptienne. Les deux rappeurs sont maintenant attablés sur la terrasse d’un petit café. Ils parlent de l’état du rap en Égypte.

Ici, le milieu musical est un peu dur. Il faut avoir des relations pour réussir. You gotta kiss ass. And I never kiss ass. »

Raqib Al Nassery (à droite) et son "petit frère", Mahmoud

Raqib Al Nassery (à droite) et son "petit frère", Mahmoud

Raqib et Mahmoud n’aiment vraiment pas cette musique que l’on entend à la télévision, quelques mètres derrière eux. Ils ont d’ailleurs une aversion pour ce rap qu’ils qualifient de « commercial ». Exemple à l’appui.

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Le rap que les médias favorisent maintenant, c’est le rap pourri, le rap vraiment commercial. »

Des concerts, Raqib Al Nassery en fait : « Ça paie bien. Mais je ne peux pas en faire souvent. Un par mois, pas plus. Ce n’est pas vraiment stable. »

En dehors de l’Egypte, le rap, je pourrais en faire mon métier. »

Le tasse de thé vidée, les braises de la chicha consumées, une montre qui affiche 3h du matin, Raqib accorde un dernier rap improvisé.

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