LIBAN. Au pays des cèdres, pas de révolution par Internet, mais une révolution de l’Internet. Un groupe d’activistes online s’est regroupé sous le nom d’« OntorNet ». Leur but : améliorer la lente connexion Internet, la rendre accessible à tous et à un prix abordable.

Par ANTONINO GALOFARO

Aucun café ou restaurant de Beyrouth ne manque de proposer à ses clients une connexion Internet. Gratuite ou payante. Accéder à Internet au Liban, c’est simple. Seul problème : sa vitesse de connexion. Lente au possible. Et pour cause, le Liban détient le record de la connexion la plus lente au monde.

Les Libanais ne peuvent pas excéder de 3 GB leur forfait mensuel. Ils doivent sinon payer un supplément.

Les Libanais ne peuvent pas excéder de 3 GB leur forfait mensuel. Ils doivent sinon payer un supplément (Dessin : © mayazankoul.com)

« Il faut débourser entre 40 et 70 dollars par mois pour une connexion de 0.5 mégabites », explique Mireille Raad, d’OntorNet. Son collectif lutte pour une meilleure connexion, en sensibilisant la population via Internet et en engageant des discussions avec le gouvernement. Notamment le ministre des télécommunication.

La connexion est lente à cause de bisbilles entre partis politiques. Ils se disputent pour savoir à qui profitera la connexion Internet. Au ministère des télécommunication ou à l’autorité de régulation des télécommunications, qui représentent chacun un parti. »

Mireille Raad est sûre de ce qu’elle avance. « Le gouvernement libanais n’investi pas non plus dans le secteur », ajoute-t-elle. Mais toute l’infrastructure nécessaire est là : Ne reste plus qu’à se mettre d’accord, comble de malheur pour les Libanais, « pour appuyer sur un bouton ».

Handicap

Cette lenteur est un handicap dans la vie professionnelle de Mireille Raad : elle est informaticienne. Dans la vie de tous les jours, elle en rigole volontiers : « On est habitué à devoir faire autre chose quand une page charge. On en même plusieurs à charger, histoire de gagner du temps. »

Quand on a des amis qui viennent d’Europe, on leur demande de nous rapporter des séries télé. Ici, pas possible de les télécharger ou de les regarder en ligne.

Une série libanaise a trouvé la parade. Shankaboot, première série arabe diffusée sur Internet, propose des épisodes de cinq minutes directement sur Internet. Histoire de faciliter la tâcher aux internautes.

« Violence, drogue, pauvreté. Grâce à Internet, Shankaboot évite la censure officiel, mais doit compter avec la censure technologique dans un pays où les coupures d’électricité sont quotidienne », commente cette journaliste de l’AFP dans son reportage.

Voir la vidéo de l’interview de Mireille Raad :

http://www.dailymotion.com/videoxkgxsb

(Vidéo : Nicolas Burnens)